L’industrie post-covid est-elle plus digitale ?

L’industrie post-covid est-elle plus digitale ?

La transformation digitale des industries est en marche depuis plusieurs années et n’est plus une nouveauté pour personne. Cependant, la crise sanitaire a agi comme un accélérateur sur cette transformation. Une accélération nécessaire pour bon nombre d’acteurs qui ont vu cette crise comme une opportunité de prendre le sujet à bras-le-corps.

Pas de technologie pour la technologie, c’est l’usage qui prime en matière de transformation digitale pour nos adhérents.

Retour sur les échanges entre nos adhérents et nos 3 intervenants : Christophe Rouvrais de l’ESAIP, Jean-Pierre Audinet de Bodet Time & Sport ainsi que Bruno Bailly de Merem.

La transformation digitale des industries doit s’accomplir avec l’Humain

Lorsque l’on aborde le sujet de la transformation digitale, la technologie, l’innovation ou encore la connectivité des outils sont les éléments les plus souvent abordés. Et pourtant, il y a un élément sans lequel aucune transformation digitale n’est possible : le facteur humain.

 

Nos 3 invités, présents lors de notre événement de rentrée des adhérents, l’ont tous relevé : la mobilisation de l’ensemble de l’entreprise autour du projet de transformation digitale est indispensable.

 

Le rôle du service des Ressources Humaines est alors prépondérant en accompagnant les collaborateurs vers de nouvelles compétences. Par exemple, la formation à la production en collaboration avec un cobot / robot pour ne « laisser personne sur le banc de touche » comme le précise Bruno Bailly.

Avec la transformation digitale, le métier change de nature : réaliser des fiches méthode papier ou faire un fichier numérique ne nécessitent pas les mêmes ressources, n’implique pas les mêmes personnes ou les mêmes méthodes.

 

La Transformation Digitale débute donc en interne pour nos adhérents. Puis ce sont les partenaires qui prennent part au projet grâce à leur accompagnement et enfin les clients. Tout l’écosystème écrit une partie du scénario qui guidera l’entreprise vers sa transformation.

Bruno Bailly indique, en ce qui concerne Merem : « C’est grâce aux échanges entre partenaires sur la technologie, qui peut parfois faire peur, qu’on réussit à lever les interrogations ».

Au-delà de tous ces aspects qui s’appliquent même sans pandémie mondiale, d’autres éléments, jusqu’alors invisibles avant la crise sanitaire, sont venus bousculer le quotidien des organisations.

Par exemple, pour Bodet Time & Sport, les métiers liés aux tests ont réussi cette prouesse du télétravail malgré les contraintes techniques qui s’imposaient à eux. Ils ont su accélérer la digitalisation de leurs procédés grâce à différents outils mis en place comme, par exemple, des logiciels de suivi d’avancement pour être davantage collaboratif et polyvalent.

Il y a aussi eu un déséquilibre entre les personnes qui ont pu, malgré les difficultés, télétravailler et celles pour qui cela n’était pas possible. La production notamment n’a pas pu se transporter. L’enjeu ici a été de maintenir la motivation des salariés, qu’ils soient sur place ou à distance.

Le facteur humain dans le digital est donc prépondérant : on ne peut réussir sa transformation sans emmener l’ensemble de son organisation dans ce projet.

Un rappel forcé de la cybersécurité lors de la crise sanitaire

Durant le confinement, les pirates informatiques ont eu davantage de temps pour s’adonner à leurs activités… Les cas de piratages se sont donc multipliés durant cette période particulière, tant du côté des particuliers que des professionnels.

 

Mais du côté des entreprises, la principale faille de sécurité dans le numérique reste… l’humain. Il est commun qu’une erreur humaine soit à l’origine d’un piratage informatique, et cela, même avec les logiciels les plus sophistiqués.

Les entreprises ont donc eu une prise de conscience, lors de la crise sanitaire, du parent pauvre de la digitalisation : la sécurité.

 

Pour résoudre cette faille , un seul remède selon Christophe Rouvrais : la formation à la sécurité, l’accompagnement

« L’ère des mots de passe sur un cahier à côté de l’ordinateur et des mots de passe à 0000 dans les métiers de l’IoT ne relèvent malheureusement pas du mythe ».

 

La crise aura donc eu pour effet positif une vraie prise de conscience, de la part des industriels, quant à la nécessité d’anticiper et d’intégrer le facteur de sécurité.

La transformation digitale post-covid porte avec elle des enjeux sociétaux

La RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises ) est un sujet transverse à tous les projets d’une organisation, si elle est désireuse de le faire.

 

L’impact environnemental  du basculement au 100% distanciel lors des confinements a été relevé par de nombreux médias. Nous avons autant entendu parler de l’impact négatif des data centers, qui permettent de stocker toutes nos activités numériques, que de la baisse des déplacements physiques qui ont agi positivement sur les émissions de CO².

 

Les industries commencent à intégrer l’impact carbone des solutions développées grâce à cette prise de conscience environnementale. Et Christophe Rouvrais constate l’évolution des mentalités en entreprise notamment lors des rapports de stage de ses élèves ingénieurs.

« Pour la première année depuis sept ans, 1/3 des projets étaient sur des sujets liés à l’environnement et au monitoring de l’impact environnemental ». Christophe Rouvrais, ESAIP

 

Et cet intérêt ne s’est pas arrêté une fois le rapport de stage délivré. De nombreux jeunes diplômés ont été embauchés pour donner vie à leur projet de fin d’étude en entreprise. Selon Christophe Rouvrais, cette tendance concerne autant les grands groupes que les plus petites entreprises.

L’impact du covid sur le business des industries

Côté business, la pandémie a mis sous tension l’approvisionnement en composants et en matières premières. Selon les fournisseurs, la pénurie de composants électroniques pourrait se prolonger au delà de l’année prochaine.

Pour Merem, sous-traitant fabriquant des cartes électroniques , cette pénurie « Demande des capacités de stockage colossale et donc une surface financière plus importante pour pouvoir continuer de travailler. »

Et pour Bodet Time & Sport « avoir 18 mois de délai pour les composants est une nouveauté. Il n’est, à ce jour, pas possible de mettre ces délais dans les ERP développés actuellement par la société ».

De façon plus pragmatique, la diminution des trajets de voyage de leurs commerciaux a permis une baisse des frais et une optimisation du temps passé pour Bodet Time & Sport.

Jean-Pierre Audinet a ainsi relevé que les outils de visio-conférences ont permis non seulement la continuité des échanges commerciaux mais un élargissement de leur marché à l’export.

Suite au covid, les équipes ont aussi dû faire évoluer certains de leurs produits « On a lancé des produits plus adaptés au monde d’après ».

Ce que nous retenons de cette rentrée des adhérents

1. Longtemps centré sur une logique d’outil pour performer économiquement, nous retenons que dorénavant, l’industrie post covid change de visage en absorbant avec elle des enjeux humains et sociétaux.  Le sens donné par les entreprises à leur transformation digitale a évolué, et tend à être plus  utile et centrée sur les usages

2. Avec la présence plus forte du digital, les enjeux de sécurité sont exacerbés. La formation et la sensibilisation sont des éléments essentiels pour parvenir à anticiper et à non plus réagir aux failles de sécurité qui sont souvent due à des erreurs humaines.

3. Enfin , emmener l’ensemble des parties prenantes dans son projet de transformation digitale est un facteur clé de succès. Collaborateurs, fournisseurs, partenaires et clients seront vos meilleurs alliés ! Tout ce qui concoure à  se constituer un écosystème de confiance est crucial.

Vous souhaitez être accompagné dans votre projet de transformation digitale ?